Les mouvements fantômes de la main et du poignet sont lents mais naturellement contrôlés, avec une vitesse d'extension supérieure de 24 % à celle de la flexion, et ne se dégradent pas avec le temps depuis l'amputation.
Les PLM sont fréquemment observés mais rarement quantifiés ; comprendre leur cinématique est essentiel pour concevoir des interfaces de contrôle prothétique exploitant l'activité EMG résiduelle.
En bref : Étude quantifiant pour la première fois la cinématique détaillée des PLM de la main et du poignet chez 8 amputés du membre supérieur, confirmant que les PLM constituent une véritable exécution motrice.
Huit amputés du membre supérieur ont réalisé des séquences de mouvements fantômes de la main et du poignet. La cinématique a été enregistrée via un gant capteur (Cyberglove) et une centrale inertielle portés sur le membre intact.
8 amputés MS (6 trans-huméraux, 2 trans-radiaux, 27-76 ans, 6-392 mois post-amputation). Cyberglove II (15 DDL, <1° précision) pour doigts, IMU 9 DDL pour poignet. Acquisition 100 Hz. Analyse : amplitude, vitesse angulaire pic (Vpeak), corrélation avec délai post-amputation.
Tous les patients peuvent réaliser des mouvements fantômes des doigts et du poignet, avec une amplitude et une vitesse réduites par rapport au membre intact. Les mouvements d'extension sont 24% plus rapides que ceux de flexion, reproduisant un schéma naturel.
Amplitude doigts : 9° à 33° (vs >60° intact). Amplitude poignet : 23° à 77°. Extension 24% plus rapide que flexion (coefficient régression = 1,24, p<0,001). Aucune corrélation significative délai post-amputation vs nombre, amplitude ou vitesse des PLM (p>0,1).
La lenteur des PLM est interprétée comme la conséquence d'un retour proprioceptif altéré. L'asymétrie flexion/extension confirme que les PLM sont de véritables exécutions motrices, pas de simples imageries. La persistance des PLM sur des décennies est encourageante pour le contrôle prothétique.