Chez les amputés transfémoraux, la cheville prothétique peut générer autant de travail que chez les transtibiaux, mais la flexion du genou prothétique empêche l'augmentation du travail du membre entier avec la vitesse.
La surconsommation métabolique des amputés est généralement attribuée à une propulsion réduite, mais les effets spécifiques du niveau d'amputation sur les échanges énergétiques restent mal compris.
En bref : Analyse rétrospective des travaux mécaniques de poussée et de collision chez 155 participants (NA, TT, TF) marchant à leur vitesse auto-sélectionnée, dans 3 centres dont l'IRR Nancy.
Les chercheurs ont analysé les forces de propulsion et de réception du pied lors de la marche chez 155 personnes : non-amputées, amputées sous le genou et amputées au-dessus du genou, dans 3 centres de recherche dont l'IRR Nancy.
155 participants (47 NA, 40 TT, 68 TF). Données collectées 2010-2021, 3 centres (IBHGC Paris, CERAH Créteil, IRR Nancy). Cinématique 3D (Vicon ≥10 caméras, 100 Hz) + plateformes AMTI (1000 Hz). Travaux de poussée (DSM cheville-pied et ILM membre entier). ANCOVA contrôlant la VMAS.
Les amputés sous et au-dessus du genou génèrent une propulsion similaire au niveau de la cheville prothétique, mais les amputés au-dessus du genou ne parviennent pas à augmenter la propulsion du membre entier avec la vitesse, à cause de la flexion du genou prothétique.
Travail poussée cheville : NA 0,22±0,02, TT 0,18±0,01, TF 0,16±0,01 J/kg (NA>TT p=0,010, NA>TF p<0,001, TT=TF p=0,133). Travail membre entier : NA 0,28>TT 0,15>TF 0,12 J/kg (tous p≤0,010). Pas d'augmentation collision controlatérale chez TF (contrairement aux TT).
Le genou prothétique TF redirige les forces lors de la flexion initiale, empêchant l'augmentation du travail du membre entier avec la vitesse. L'absence d'augmentation du travail de collision controlatéral chez les TF reste inexpliquée et nécessite des études complémentaires.