L'amélioration de la dynamique du tronc est un levier thérapeutique efficace qui permet de restaurer les mécanismes de décélération du corps et de freinage de la cheville, corrigeant ainsi indirectement les troubles de la marche (équinisme)
L'étude vise à tester l'hypothèse selon laquelle le déficit de contrôle du tronc et la marche sur la pointe des pieds sont liés mécaniquement, postulant que stabiliser le tronc permettrait aux fléchisseurs plantaires de jouer leur rôle fonctionnel de freinage plutôt que de créer de la raideur
En bref : Une rééducation spécifiquement centrée sur le contrôle postural du tronc permet non seulement d'améliorer la stabilité axiale (assise et debout), mais entraîne aussi une amélioration significative de la marche en réduisant le phénomène de marche sur la pointe des pieds.
Un essai contrôlé randomisé en crossover a comparé deux types de rééducation chez 13 enfants avec PC : une rééducation centrée sur le tronc (TFR) versus la rééducation habituelle (UR), chaque phase durant 3 mois.
13 enfants PC (GMFCS I-II, 5-12 ans), design crossover randomisé TFR vs UR (3 mois chacun). TFR = activités posturales en positions intermédiaires ciblant le tronc. Mesures : cinématique 3D (assise instable, debout, marche), indices d'ancrage, puissances articulaires cheville, score TCMS. ANOVA à mesures répétées.
Après 3 mois de rééducation centrée sur le tronc, les enfants montrent une meilleure stabilité assise et debout, mais surtout une amélioration significative de la marche avec réduction de la marche sur la pointe des pieds.
Après TFR : amélioration significative AI tronc assis (η²=0,42, p=0,02) et debout (η²=0,38, p=0,03). Réduction de l'équinisme : augmentation du travail négatif A1 de la cheville (p=0,04, η²=0,35). Score TCMS amélioré après TFR vs UR (p=0,01). Pas d'effet significatif sur la marche après UR seule.
L'amélioration de la dynamique du tronc est un levier thérapeutique efficace qui permet de restaurer les mécanismes de décélération et de freinage de la cheville, corrigeant ainsi indirectement les troubles de la marche. Ces résultats valident le lien mécanique entre contrôle du tronc et équinisme.